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05/02/2013

Coucou, alors pour celle qui passe par ici, et que ca interesse bien sûr je lance un appel: Je reprend la fic que vous avez envie de lire. Pour le moment, je me contiens à une seule.
Enfin bon, en espérant recevoir des réponses :D 
Beusous 

Ne me dites pas que je suis lâche, peureuse ou faible. Ou encore simplement folle. Aimer c'est dangereux, aimer c'est mettre en jeu tout ce qu'on a à miser les yeux fermé sans connaitre les règles ou savoir jouer. Et j'ai toujours été mauvaise perdante.
 
Ne dites pas encore que je suis conne quand je m'attache à des gars que je sais que je n'aurais jamais, je suis comme ca, je n'y peux rien. Savoir que je ne les aurais pas c'est ne rien tenter, ne rien vouloir. Je me perds dans une perspective futuriste impossible et je m'imagine un futur flamboyant sans entrer dans la monotonie que celle-ci pourrait impliquer.
 
Ne dites pas je suis détraqué parce que je m'engouffre intentionnellement dans des relations platoniques ou je ne ressens rien. Je n'ai pas envie d'avoir mal, de souffrir. J'ai trop souffert par le passé, trop été abandonné par des gens que j'ai aimé passionnellement. D'accord ce n'était pas des amants, c'était de la famille, des amis. Et alors ? Ca fait toujours mal. Ca salit toujours un peu quand on vous renvois votre c½ur en pleine face, écrabouillé et percé comme un vieux ballon qui aurait trop servit.
 
Ne dites pas que je suis sadique quand je me laisse aimer en sachant que je n'attends rien de cet homme. Je me protège d'eux, de ce qu'il deviendra quoi qu'il me promette au début. Les hommes c'est perfide. Peut être pas intentionnellement mais leur instinct les pousses à nous briser. Un jour ou l'autre, la nature reprend le dessus et il poignarde vos beaux sentiments avec des mots ou une autre femme.
 
Ne dites pas que je suis masochiste quand je regarde ces hommes que j'aime aimer une autre femme en sachant qu'elles seront heureuses, elles. Elles, elle seront toujours plus sensé que moi. Il y a des gens fait pour aimer, pour être aimé et combler. Je ne suis pas de celle là, je ne l'ai jamais été. Je préfère ne rien tenter que de poser carte sur table tout ce qui fait de moi une femme, ce qui me rend vulnérable, me met à nu face à lui. J'ai toujours été pudique.
 
Ne dites pas que je suis du genre à gâcher mes chances quand je l'ignore, quand je le repousse quand il me prend dans ses bras, quand je ne réponds pas à ses avances, quand je ne fais rien pour le retenir quand je le vois s'éloigner.
 
Ne dites pas ca.
Je le sais très bien.
 

28/12/2011


 
 
 
 

29/12/2011









        REVIENS MOI - Yaoi
Tom et Bill s'aiment, vraiment. Qu'ils soient frères ni change rien. Bill n'avait qu'une certitude dans la vie: Tom l'aimait et l'aimerait toujours. Mais que va-t-il se passer quand le garçon va oublier 10 ans de leur amour? Retombant bien avant que leur petit couple naisse. 
          PROLOGUE CHAPITRE1 CHAPITRE2 CHAPITRE3 CHAPITRE4 CHAPITRE5 CHAPITRE 6




        Importance: Noire - Yaoi                   WARNING
Tom est un agent de la UDN: Ultime Défense Nationale. Et un jour Bill se révèle être cette ultime défense. Seul hic, le garçon refuse d'aider la nation. Seule solution, le forcer coûte que coûte. 
          PROLOGUE  CHAPITRE1 CHAPITRE2  CHAPITRE3



        Un Bien Pour Un Bien - Yaoi
Bill a eu un passer compliqué, fait des quelques hauts et de beaucoup de bas. Il est passé par beaucoup de chose dont il n'aime pas spécialement parlé mais qui l'ont amené à une chose : La rue. Et c'est dans cette même rue qu'il verra la tentative d'assassinat de Tom et tentera de le sauver.
        PROLOGUE CHAPITRE 1 CHAPITRE 2 CHAPITRE 3 CHAPITRE 4 CHAPITRE 5 CHAPITRE 6  CHAPITRE7 CHAPITRE8



        JE SUIS DESOLE - Yaoi
Il y a un an, Tom a essayé de se donner la vie. Aujourd'hui, Bill va le retrouver pour la première fois. Malgré le temps passé loin de lui, le frère à du mal à distinguer le manque de l'amertume.
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        JE TE SENS - Yaoi
Tom a toujours eu ce don étrange. Celui de ressentir les émotions des autres de façon exacerbés. Il s'était toujours cru seul au monde, seul à ressentir ce noir oppressant tout autours de lui. Et un jour vint Georg...
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        DE TOI A MOI - Yaoi
Tom et Bill ont beau s'être aimé passionnément, l'amour ne leur à jamais suffit. Ils étaient de ceux là, ceux qui s'aiment trop, dans l'excès. Leur couple n'aura pas survécu. Mais aujourd'hui Tom est un vieil homme qui ne peut s'empêcher de coucher sur du papier ce qu'il aurait voulu dire. 
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        TU ME TUERAS - Yaoi
Bill est devant le marbre d'une plaque froide et austère, Simone Kaulitz emménage dans sa dernière demeure. Pleure-t-il sur cette mère qui le quitte ? Loin de là.  
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        JE NE PARS PAS SANS TOI- Yaoi
Nous sommes le 21 décembre 2011 et les Mayas avaient raisons. Bill ne veut qu'une chose, se cacher dans la cave et repousser la mort. Pourtant Tom refuse, pourquoi? 
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        JE VAIS T'EXPLIQUER POURQUOI - Yaoi
C'est OS est en rapport avec Je suis Désolé. C'est en quelque sorte toutes les questions que c'est posé Tom avant de tenter de se suicider, tout ce qui lui est passé par la tête avant qu'il ne fasse ce terrible geste. 
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        VOUS SAVEZ - Yaoi
Tom et Bill se détestent. Une haine qui s'est enrichie au fils des deux dernières années. Mais d'où remonte se sentiment? Et que va-t-il se passer quand ils seront tous les deux enfermés dans une salle de bain? 
          ICI
 
 
 


 
...
...
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REVIENS MOI - PROLOGUE 29/12/2011

 
 
             Mort. Bill se sentait mort. Ses yeux étaient secs, pourtant de larges sillons de larmes creusaient ses joues. Il ne reniflait plus, ne bougeait plus, respirait à peine, juste de quoi vivre. Son regard restait fixé sur le mur d'en face, il n'arrivait même plus à trouver la force d'abaisser ses paupières. Il ne trouvait même plus la force d'ouvrir la bouche pour continuer à sangloter. Il ne trouvait plus la force de se relever pour aller expliquer à Tom ce qu'il se passait. Et puis pour lui dire quoi ?
 
                 « Tu as tout oublié. Toi, moi, nous, nos dix ans de vie commune. Les amis qu'on s'est fait et qui nous ont acceptés, les gens qu'on connaissait et qui nous ont rejetés. Tu as oublié les caresses que j'aimais tant, les baisers que tu me réclamais sans cesse. Ton premier je t'aime et le mien. T'as oublié à quel point je t'ai aimé et le nombre de fois où je te l'ai susurré. Et si je pleure depuis des jours, c'est parce que moi je me souviens de tout. ».
 
                 Le c½ur de Bill se contracta douloureusement et son corps sembla le suivre car le brun se recroquevilla. Tassé sur le lit, les larmes se remirent à couler sur ses joues et il sanglota doucement. Il avait mal, et il avait si peur. Si peur que Tom ne l'aime plus jamais. Plus comme lui l'aimait en cet instant. Qu'il ne partage plus ce même sentiment incandescent qui les avait ravagés dix ans plus tôt.
 
                 Tom passa devant la porte, le visage triste. À travers l'embrasure de la porte il distingua Bill. Le garçon se mit à triturer ses doigts, inquiet. Ce tic, en réalité il l'avait perdu depuis près de 5 ans, quand sa vie avec Bill était enfin ancrée pour ce qui leur semblait la vie entière. Mais maintenant qu'il avait perdu soudainement 10 ans de sa vie, le replongeant en plein dans ses 15 ans, il ne pouvait s'empêcher de griffer sa main gauche. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi Bill allait si mal, pourquoi Bill souffrait tant. Plus que de raison.
 
                C'est à ce moment précis que le brun releva la tête et à travers l'ouverture distingua le tressé. Pendant un instant ils se fixèrent, l'un penaud, perdu, l'autre ravagé et en larmes. Puis Bill se relaissa plonger dans le désespoir et Tom, impuissant retourna devant la télévision.

REVIENS MOI - CHAPITRE 1 29/12/2011

07h58
07h59
08h00
 
       Un Bip Bip assourdissant envahit la pièce et si d'habitude Bill grommelait en envoyant valser l'objet, aujourd'hui c'est mollement, le visage de marbre qu'il appuya sur le bouton. L'homme se redressa difficilement, comme si son dos – ainsi que tout son corps d'ailleurs- le faisait souffrir. En réalité, c'était sa tête qui lui faisait mal, ses pensées pour être plus précis. Les cernes sous ses yeux témoignaient d'ailleurs de sa longue semaine d'insomnie.
 
       « Il faut que je vous parle Bill. Je ne suis pas sûr que Tom redevienne ce qu'il était, il a un blocage. Je ne comprends vraiment pas ce qu'il s'est passé et malheureusement il n'y a aucun traitement. Seul le temps et sa volonté peuvent lui rendre ces 10 dernières années ».
 
       Bill secoua la tête, essayant de chasser cette voix rocailleuse, due à la cigarette, du docteur. Il soupira. Bon Dieu, pourquoi cela avait-il dû tomber sur eux ? Mince alors, n'avaient-ils pas déjà assez galéré dans la vie ? Ramé ?

        Apparemment non, tout du moins c'est ce que la vie semblait en avoir conclu, puisqu'elle venait d'effacer le résultat de leur longue lutte.
Bam !

        Comme quelqu'un pouvait se réveiller en ne se souvenant pas de la veille, Tom avait oublié 10 ans. Dix longues et putain d'années. Bill gémit en y songeant. Et il c'était passé tellement de choses en 10 ans. Ils avaient enfin avoué leur amour après s'être tournés autour pendant ce que Bill assimilait à une éternité, ils avaient couché ensemble pour la première fois, ils avaient avoué la chose à certains de leurs amis, s'était exilés dans un autre pays. Ils avaient fait des démarches pour que leurs noms diffèrent, pour qu'ils puissent presque oublier qu'à la base ils étaient frères. Aujourd'hui, ils étaient un couple. Un banal couple.
 
       Tout du moins, ils l'étaient.
 
       « PUTAIN ! » hurla Bill en balançant l'oreille contre la porte. Il tremblait de colère. Pourquoi ?! Mais bordel pourquoi eux !?
 
       Laissant tomber sa tête, vaincu par ses idées noires il se laissa sombrer dans la déprime. Comme dans un brouillard vague il essaya de se souvenir du regard de Tom sur lui, de son regard quand il l'aimait, vraiment, sincèrement, amoureusement. La chose le fit frissonner et sourire. Il voulait Tom. Il voulait son Tom.
Il redressa la tête et c'est avec un regard rempli de détermination qu'il se promit une chose : Si le Tom qui l'aimait ne revenait pas, ce Tom là l'aimerait aussi.
 
[...]
 
        Du salon, allongé sur le canapé, Tom avait entendu le réveil de Bill sonner. Au final, celui-ci ne l'avait nullement réveillé car si le brun ne dormait pas, le tressé n'était pas mieux loti. Il soupira. Dire qu'il avait 25 ans aujourd'hui. Il se sentait comme un gamin. Dans sa tête il avait 15 ans, il était encore au lycée et en couple avec une fille qu'il aimait vraiment, Barbara. Il pensait souvent à elle, elle lui manquait, horriblement. Il s'était toujours demandé – quand il avait 15 ans- s'il l'aimait vraiment. Et aujourd'hui, séparé d'elle par un océan et 10 longues années, elle lui manquait tellement qu'il n'en saurait trouver les mots.
 
        Il frotta son visage, s'attardant un moment sur ses yeux rouges de fatigue. Mince, comment avait-il pu tout oublier ? Tout ! Une semaine plus tôt, il s'était réveillé complètement perdu dans l'appartement, il avait appelé Bill et n'avait pu s'empêcher de sursauter et crier en voyant son frère : lui qui se souvenait d'un gamin gringalet aux cheveux cours se retrouvait en face d'un homme aux cheveux long. Il avait crié, perdu, son sang-froid l'avait quitté soudainement – lui qui d'habitude était si calme- et il avait réclamé leur mère. « Et puis d'abord on est où là ? C'est chez qui ?! Ramène-moi à la maison !! » Avait-il crié. Devant l'air penaud de son frère il avait exulté un « TOUT DE SUITE ! ». Et c'est la voix tremblante que le brun lui avait répondu qu'ici c'était chez lui, chez eux plus précisément.  

        Tom était resté un instant interdit, perdu, comme si l'information grimpait lentement le long de ses neurones. Et puis comme ça, soudainement il s'était mis à rire. Une véritable hystérie s'était emparée de lui et il s'était écroulé au sol, se tenant le ventre, les larmes aux yeux. Encore la bouche tremblante à force de rire, il avait relevé le visage vers son frère et c'est le regard sérieux qu'il avait porté sur lui qui l'avait refroidi : Bill ne blaguait pas. Pire, Bill était très sérieux.
 
        « Hein ? Mais... Attends, chez nous ?! » Avait-il demandé, de la surprise dans la voix. C'est à ce moment-là que Bill avait à son tour perdu son sang-froid, faisant de grands gestes avec ses bras il avait crié « Mais bien sûr que c'est chez nous ! À qui veux-tu que ce soit Tom ! À quoi tu joues ?! ». Tom s'était redressé, agacé du ton que Bill avait employé pour lui parler. À 15 ans, le garçon était légèrement instable, bagarreur. « Je ne joue pas connard ! » avait-il grogné. Bill avait vu rouge, « Tu sais très bien que je déteste quand tu m'insultes pour aucune raison ! Je croyais que tu avais perdu cette sale habitude ! ». Tom n'avait pu s'empêcher de rire « Parce que tu vas tout le temps pleurer dans les jupes de maman, tu crois que je vais arrêter ?! On est plus au collège Bill ! ».
                                                                     
        « Mais putain de quoi tu parles ?! », avait crié Bill hystérique. Il n'arrivait pas encore à comprendre ce qu'il c'était passé et la folie passagère de Tom qui l'avait inquiété au début était maintenant en train de profondément l'agacer. « De quoi je parle ? Je parle du fait qu'hier t'as pas pu t'empêcher d'aller voir maman pour lui dire que j't'avais traité de PD ! T'es trop une tapette, putain ! ».
 
        « De... Quoi ? » avait questionné Bill les yeux écarquillés. De longs frissons lui étaient montés des pieds à la tête, le faisant trembler alors que son c½ur s'emballait. Tom avait dit quoi ? Non, Tom n'avait pas pu dire ça ! « T-Tom, cette histoire date d'au moins 10 ans... » Avait-il soufflé. « Quoi ? » avait grogné l'autre en rigolant « C'était hier, spèce de taré ! Hi-er ! ».

        « Non Tom ! » avait dit Bill, catégorique, « C'était il y a 10 ans. Même que quelques jours plus tard je t'ai mis une grosse taulé et que jt'ai frappé jusqu'à ce que tu t'excuses ! ». Tom avait eut un rire sarcastique, exagérant les traits « Toi ? Me mettre une taulé ? Tu ne serais même pas capable de voler une sucette à une gamine. ».
 
        Ce Tom lui rappelait quelque chose...
Quelque chose qu'il n'aimait pas. Cet homme face à lui avait tout de l'adolescent immature qu'avait été le tressé. Il avait tout de ce gamin que Bill avait pensé détester avant de comprendre que cet acharnement était dû à un amour trop lourd à porter. La voix chevrotante il avait demandé « Tom, tu crois avoir quel âge ? ». Le tressé avait haussé les épaules « Qu'est-ce que tu racontes en... »

        « REPONDS-MOI ! » Avait crié le brun, hystérique. « 15 ans, vas-y me parle pas comme ça putain ! » avait craché Tom.  « Nom de Dieu » avait soufflé Bill...
 
        Lentement la scène s'effaça de l'esprit de Tom. Il ne fallait plus qu'il y pense, il fallait plutôt qu'il essaie de se souvenir de ces 10 ans ! Il fallait qu'il s'en souvienne ! Il le fallait ! « Il le faut » grogna-t-il, l'air blessé. Il avait tellement peur. Peur d'avoir perdu définitivement 10 ans, de ne pas avoir pu profiter pleinement de sa jeunesse et de devoir déjà partir au boulot sans avoir pris les plus belles cuites de sa vie – ou plutôt sans s'en souvenir, car Tom en avait pris de très belles. « Souviens-toi » couina-t-il, serrant son visage dans l'étau de ses mains.  « Souviens-toi, bordel ! ».
 
        Il serra encore, et encore, jusqu'à ce qu'il ait mal, jusqu'à ce que ses bras s'épuisent et qu'il n'ait plus la force de serrer. Il se laissa lourdement tomber au fond du canapé et c'est en fixant le plafond qu'il chuchota douloureusement « Barbara... ».
 
[...]
 
        Aucun des deux n'osait relever la tête vers l'autre. Ils fixaient leur assiettes comme si les petits pois étaient en train de donner le spectacle du siècle. De temps en temps, l'un  jetait un coup d'½il et l'autre faisait semblant de ne pas le voir. Finalement c'est Tom qui craqua le premier, hurlant soudainement de rage il balança ses couverts au milieu de la cuisine, manquant de blesser Bill. « C'EST PAS POSSIBLE PUTAIN ! PAS POSSIBLE ! ». Le brun, encore secoué d'avoir manqué de perdre un ½il tapa du poing sur la table « CA VA PAS NON ? » Cria-t-il à son tour « MAIS T'AS QUEL ÂGE POUR FAIRE CA ? ». Il remarqua tout de suite son erreur mais Tom ne lui laissa pas le loisir de se rattraper.
 
        « J'ai 15 ans ! Ou 25 ! Je n'en sais rien ! JE SAIS PLUS MERDE ! J'VIS DANS UN PAYS QUE JE CONNAIS PAS ET OU JE PARLE À PEINE LA LANGUE ! J'VIS AVEC MON FRERE QUE JE NE SUPPORTE PAS ! JE SUIS LOIN DE LA FILLE QUE J'AIME ! RIEN NE VA, ALORS J'AI LE DROIT DE FAIRE CE-QUE-JE-VEUUUX ! ». Tom avait tellement haussé le ton sur la fin de la phrase que Bill avait dû se boucher les oreilles. Les derniers mots qu'il avait clairement distingués étaient « Fille que j'aime ».
 
        Fille que j'aime.
 
        Son c½ur venait de se broyer dans sa poitrine.
        « Fille que tu... Aimes ? » avait-il questionné, penaud. « Bah oui, connard ! Réfléchit, Barbara ! » Avait dit Tom comme si cela était une évidence. Le brun n'avait pu s'empêcher de se redresser sur sa chaise « Cette conne ? Mais t'as jamais été foutu de la supporter tout un après-midi ! ». Les yeux de Tom s'étaient plissés en deux fentes noires et il avait doucement menacé « Raconte pas d'la merde... ».  
 
        Bill, sans se contrôler s'était levé de la chaise et avait contourné la table pour s'approcher de Tom. Le tressé ne pouvait pas déjà aimer quelqu'un d'autre ! Non ! Non ! C'était lui qu'il aimait ! Lui ! Ils s'aimaient ! Ils s'aimaient ! C'est comme mué par le désespoir que Bill plaida « C'est même toi qui a cassé, Tom. ».
 
        « TA GUEULE ! » avait hurlé le tressé en se jetant sur lui. Quand Bill avait vu le poing se lever, il ne s'attendait pas à ce que Tom l'abatte sur son visage comme quand ils se battaient plus jeunes.
        Sauf que Tom était redevenu « plus jeune ».

_________________
Et voilà les enfants le premier chapitre de Reviens moi. Je ne sais pas encore où cette histoire va nous mener mais les jumeaux vont en voir de toutes les couleurs, ça c'est sûr.

REVIENS MOI - CHAPITRE 2 30/12/2011

 
                « Il faut que tu l'appelles Tom. Tu dois la prévenir » lui avait dit Bill. Tom soupira, faisant encore tourner quelques fois son téléphone dans sa main. Pour lui dire quoi ? « J'ai oublié 10 ans et je sais pas si je vais les retrouver. Et sinon, ça va la vie en Allemagne ? ». Redressant la tête, il tomba sur le regard de Bill qui ne lui laissait aucune échappatoire. C'est en grognant d'agacement qu'il partit s'isoler en composant le numéro qui n'avait pas changé au cours de ces quelques années.
 
                Les tonalités défilèrent et il n'avait envie que d'une chose, que personne ne décroche. À mesure que le temps passait, son c½ur semblait ralentir. Encore trois. Encore deux. Encore u...  « Allo ? ».
 
                Sursautant, il manqua de faire tomber le téléphone. Que dire à cette à femme à qui il n'avait pas « parlé » depuis dix ans ? Il se sentait faible, peureux, perdu. Jamais il ne s'était retrouvé dans un tel désarroi, égaré dans la routine qu'il s'était construit sans s'en souvenir. « Allo ? Oui, c'est Tom ».

                La femme à l'autre bout du téléphone eut son habituel roucoulement en entendant le garçon parler « Oh ! Tu vas bien ? » Demanda-t-elle le plus naturellement du monde. Du regard Tom chercha Bill qui l'observait, accoudé à un mur. N'ayant pas perdu ses mauvaises habitudes de lycées, silencieusement il demanda à son frère de « DECAMPER SUR LE CHAMP ! »  Et de mauvaise grâce, soupirant car Bill connaissait aujourd'hui Tom par c½ur et savait qu'au fond de lui ce n'était pas ce qu'il voulait retourna dans la cuisine. « Maman, il faut que je te dise un truc... ».
 
                Il avait pu raconter ce qu'il savait de son histoire, ce qu'avait dit le docteur dans un silence de religion. Sa mère ne disait rien, mais sa respiration se faisait lourde au combiné. Tom se frottait le front au fil des mots, comme las d'expliquer une situation qu'il ne comprenait pas lui-même. « ...Et voilà » finit-il sombrement. Les secondes d'après lui parurent être une éternité. Tom sentit sa mère ouvrir plusieurs fois la bouche mais la refermer, à court de mots ou de souffle, il ne savait pas. « Je-mais-je qu'est ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle, la voix tremblante.
 
                « J'en sais strictement rien, maman » dit-il la voix cassée. Il ne fallait pas qu'elle ait l'air d'aller si mal, c'était sa maman, dans sa tête il n'était pas encore vraiment émancipé d'elle. Si elle-même avait peur, qui allait le rassurer ? Si elle-même doutait, qui lui promettrait que tout va bien se passer ? Bill passa une nouvelle fois devant la porte à ce moment-là et Tom ne pu s'empêcher de jeter un regard noir à l'ombre qui s'effaçait déjà « Certainement pas celui-là ! » songea-t-il, amère.
 
                À l'autre bout du téléphone Simone avait l'impression d'avoir chaud, trop chaud. Elle palpa son front pour essuyer une sueur inexistante. L'angoisse la rongeait, pire que quand ses deux fils lui avaient annoncés qu'ils partaient à l'autre bout du monde, pire que quand on lui avait dit « Oh, mais vous êtes chanceuse mademoiselle, ça ne sera pas un mais deux petits ! », pire que tout en fait. Elle avait la sensation que le monde se dérobait sous ses pieds et c'est maladroitement qu'elle se rattrapa à la commode.
 
                « Maman ? Maman ça va ? ». Bill perçut les cris et accourut, il savait que sa mère était très émotive, il en avait eu la preuve même le jour où elle les avait surpris en train de s'embrasser. Elle s'était évanouie sur le coup. Jamais ils n'en avaient reparlé, maman ne savait pas s'ils étaient vraiment ensemble, elle préférait vaguement soupçonner. « Qu'est-ce que tu lui as dit ? » rugit Bill en saisissant le combiné, « Maman ? Allo maman ? Calme-toi, il exagère ».  Dans son dos, Tom répliqua comme un enfant « Non, ce n'est pas vrai ! » mais le brun ni fit pas attention. « Désolé Chéri, » dit faiblement la femme « Je suis fatiguée ces derniers temps. Bon explique moi cette histoire, s'il te plait ». Bill lança un regard sévère à son frère, comme s'il  se trouvait face à un gamin et le laissa là, partant s'enfermer dans les toilettes pour tenter d'édulcorer la vérité.
 
[...]
 
              Tom était assis à la table de la cuisine et comme d'habitude fixait un point quelconque dans la pièce quand Bill revint en soupirant. La main dans les cheveux, il porta un regard sur son frère qui l'agaça profondément, le genre « Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? ».
 
              « T'es malade de lui annoncer ça comme ça » dit Bill en s'affalant sur sa chaise. De ses ongles manucurés il commença à tapoter du bout des doigts la table. Il sentit le regard de Tom sur lui, ce regard dégoûté qu'il lui portait avant alors qu'il le reluquait lentement « Depuis quand c'est devenu ton  ''vrai style'' le mode PD ? » demanda-t-il, une grimace éc½urée sur le visage. « T'es un putain d'immature Tom » soupira Bill. « Hmm » marmonna l'autre, n'ayant pas l'habitude que Bill réplique. Un long silence s'installa et Bill ne releva pas la tête vers son frère, continuant de fixer ses doigts. Tom, quant à lui continua pendant un long moment de le fixer puis finalement, laissa tomber sa tête en arrière, comme vaincu « Bon Dieu tout à tellement changé... ».
 
« De quoi ? » questionna Bill comme si Tom l'intéressait vaguement. Le tressé tiqua, il n'aimait pas ça. Bill avait quelque chose d'hautain avec lui, quelque chose qu'il ne lui connaissait pas. Hier il avait en face de lui un gamin trouillard, et aujourd'hui un homme qui l'envoyait tranquillement chier, de quoi le rendre dingue. « Laisse tomber » grogna-t-il en se laissant un peu plus glisser sur sa chaise.
 
              « Non mais vas-y, raconte » continua le brun avec ce même air. « Putain, tu m'énerves »  ragea le tressé en se redressant, envoyant sa chaise valser. « Tu fais quoi là ? » Demanda autoritairement Bill devant l'attitude de son frère. Il n'avait pas le droit de faire n'importe quoi, si maman avait accepté son sale caractère à l'adolescence, Bill ne ferait pas de même.  « Remets-la en place ! » ordonna-t-il. « Va te faire voir ! Tu ne m'écoutes pas, je ne t'écoute pas.» claironna Tom, l'air insolent en commençant à sortir. « Mais tu t'attendais à quoi Tom ? Tu pensais que j'allais rester le parfait soumis ? Celui qui t'écoutait quand tu crachais un « Va me chercher un coca » s'il te plait, mûris un peu » soupira-t-il.

                Tom vit rouge, « TA GUEULE  avec tes ''mûris un peu''. TA GUEULE ! T'as eu 10 ans de plus que moi pour en arriver où tu en es, moi ils se sont volatilisés. Alors arrête de faire le grand ! ARRÊTE ! ». Le Bill adolescent n'aurait plus esquissé le moindre mouvement jusqu'à ce que la bête parte, de peur de se prendre un coup, mais l'adulte n'était pas très impressionné. «  Range ta chaise et arrête d'hurler comme un putois ».  Et sur ces derniers mots il disparut dans sa chambre.
 
Leur chambre.
 
[...]
 
                Assis sur son lit, Bill passait ses mains dans ses cheveux de façon compulsive. Il fallait qu'il se calme, il fallait qu'il se calme, il fallait qu'il se calme. Inspirant lentement à plusieurs reprises, décontractant sa mâchoire tendue, il massa ses tempes. Ils ne devaient plus s'engeuler, si Tom devait retomber amoureux de lui, il ne fallait pas qu'ils passent leur temps à se hurler dessus !
 
                « J'fais n'importe quoi ! » couina-t-il en se laissant tomber dans les draps. Il pleurnicha quelques instants, se lamentant sur son sort. « Bill arrête tes conneries ! » se sermonna-t-il « Ce n'est pas en le prenant pour un gamin de 15 ans que tu vas le faire se souvenir de votre putain d'amour de merde de ... ! T'es pas un pédophile, merde !». Beaucoup d'insultes s'en suivirent qui l'une après l'autre le détendirent. C'est en songeant au bras de Tom, aux baisers qu'il déposait souvent dans son cou quand il commençait à s'assoupir que Bill sombra.
 
                Dans la salle à manger, Tom était devant l'ordinateur, les mains posées sur les genoux il essayait de se souvenir du nom de famille de Barbara. Merde, il n'était pas plus con qu'un autre ! Peut-être qu'il ne le connaissait simplement pas en fait ? Bah oui, après tout le nom de famille de la fille l'avait intéressé à peu près autant que sa moyenne en maths.
 
                Triturant ses mains, il commença doucement à entamer sa peau à l'aide de ses ongles, griffant à peine la fine membrane. Pourquoi ne pouvait-il pas se souvenir de ça ! Il ne l'avait quand même pas oublié avec son putain de trou de mémoire ! Si ? Non ! Il commença à grogner, crissant intérieurement. « Souviens-toi bordel de merde ! TOM ! » Se hurla-t-il à lui-même. « Ha... Ha... Hamze... Hamre... Lotwer ! Oui c'est ça, Lowter ! »
 
                Un rire enfantin grimpa dans sa gorge et il se mit rapidement à tapoter sur l'ordinateur pour trouver le numéro de la jeune fille. Il lui fallut au moins une bonne trentaine de minutes pour identifier hypothétiquement la bonne Barbara Lotwer habitant en Allemagne. Mais une fois cela fait, il ne patienta même pas une seconde de plus avant de composer son numéro.
 
                « Allô ? » demanda une voix féminine à l'autre bout du fil. 

REVIENS MOI - CHAPITRE 3 14/01/2012

                Tom fixait le mur d'en face, assit sur le canapé il ne bougeait plus. Bill passa devant lui et lui jeta un coup d'½il. D'un haussement d'épaule il en conclut que Tom était encore en train de bouder dans son coin et partit faire ce qu'il avait prévu dans la cuisine.
 
                Mais il ne boudait pas. Non, il était très loin de bouder. Il était mal, mal comme jamais. Il ressentait chaque mouvement de son c½ur dans sa poitrine comme un coup de couteau. Sa main s'agrippa à son jean. Aucun autre membre de son corps n'esquissa le moindre mouvement. Peut-être que s'il restait ainsi, sans bouger, comme dans un film, tout se mettrait à devenir flou autour de lui et il retournerait en arrière. Peut-être qu'ainsi il retrouvera la Barbara qui ne lui aurait jamais sorti «Tom ? Le p'tit avec qui je suis sorti quand j'étais ado ? » Mais qui l'aimerait amoureusement.
 
                Pourquoi devait il l'aimait si fort dix ans plus tard ? Pourquoi devait-il être attaché à une gamine aujourd'hui mariée depuis près de deux mois ? Pourquoi s'était-il rattaché à elle cette semaine comme une bouée de sauvetage alors qu'il n'avait jamais eu pour elle le moindre réel sentiment amoureux.
 
                Parce qu'il avait espéré qu'au moins une chose dans sa vie n'aurait pas changé, qu'au moins une chose en dix ans n'avait pas évolué. Mais comment avait-il pu y croire ? Bill avait raison, Tom l'avait jeté, c'était sûr. Après tout dans sa tête il avait prévu de le faire la semaine prochaine (Semaine d'il y a dix ans). Il l'avait fait, il n'y avait pas de doute, et avait repris sa vie de petit branleur à deux balles jusqu'à tomber en Amérique, dans le même appartement que son frère. Voilà ! Tout avait changé ! Lui, sa coupe, ses fringues, ses affinités, sa famille, ses amis, sa pointure, sa guitare, sa couleur de cheveux, le teint de sa peau, son travail. Tout avait changé ! Tout !
 
                Sauf lui, dans sa tête. Et il ne restait que sa tête, au milieu de tout ce désordre pour lui rappeler qu'il était perdu. Totalement perdu. Sa respiration se fit lente, difficile, trop difficile. Il porta une main à son c½ur et serra, abreuvant plus rapidement ses poumons d'air, mais rien ne l'atteignait, rien ne semblait le contenter. Il commençait à paniquer, il fallait qu'il respire, il n'arrivait plus à réfléchir.
 
                « Tom ! » cria soudainement Bill en apparaissant. Le garçon, dont les paupières se faisaient lourdes s'écroula sur le sol, tombant du canapé. Il avait de plus en plus de mal à respirer, de plus en plus de mal à rester éveiller. Il ferma les yeux, le noir l'absorbait, son asthme le terrassait comme il l'avait fait souvent quand il était encore enfant. Il ne se souvenait plus comment l'atténuer, le calmer. Il se sentait dévoré, plus assez lucide pour demander de l'aide.
 
                Bill prit rapidement les choses en main, cela faisait longtemps que Tom n'avait pas eu une crise de ce genre mais il se souvenait encore de ce qu'il allait faire. Il courut dans la salle de bain, ouvrit un placard et saisi la Ventoline, jetant un coup d'½il à la date de péremption et lâchant un jet dans le vent. Elle marchait, il n'y avait pas de problème de ce côté-là. Quelques secondes plus tard il était de nouveau près de Tom dont la respiration était rapide et sifflante. Il s'agenouilla et tira le garçon contre lui, plaquant son dos contre son torse. De son épaule, il tint la tête du garçon en place et plaça le bout de l'objet dans sa bouche. « Tu te souviens comment ça marche ? J'appuis et tu inspires. D'accord ? ». Tom voulu hocher la tête mais il n'en avait même pas la force. Lorsque le « pschitt » caractéristique de l'aérosol se fit entendre, le garçon inspira. « Encore une fois » averti Bill. Un deuxième bruit, une deuxième longue respiration. Presque tout de suite, le garçon s'apaisa un peu. Le brun continua de le tenir serré contre lui, ses mains caressant son ventre à travers son tee-shirt. Bill colla sa joue contre la sienne et savoura cet instant plus que de raison. Même si les circonstances n'étaient pas propices à un câlin, tenir si fort Tom contre lui lui rappelait toutes ses fois où ils s'étaient passionnément aimés. Il se mit à le bercer de gauche à droite, soufflant doucement des « Chut » et Tom les yeux clos y faisait à peine attention. La crise venait de l'épuiser, comme à l'époque.
 
                Le souffle devint régulier et calme. Bill ouvrit doucement les yeux, un air triste et las sur le visage. Son Tom lui manquait. Ses bras se resserrèrent encore un peu autour de son frère. Comment lui rappeler ce qu'ils avaient vécu, comment lui refaire comprendre que leur amour était possible, réel, vrai et pas tragique et voué à l'échec ? Comment simplement lui rappeler qu'il pouvait l'aimer, qu'il devait l'aimer, qu'il avait besoin qu'il l'aime ? Bill soupira, posant son menton dans le creux de l'épaule du garçon.
 
                Peut-être qu'il devait abandonner... ? Oui peut être qu'il n'y avait aucune chance pour faire naître de rien des sentiments ? Bill n'était pas Dieu, et encore moins Cupidon, il n'avait jamais eu de talent pour draguer. Alors comment Tom avait-il put tomber amoureux de lui à l'époque ? Comment naturellement l'amour s'était propagé en lui au point qu'un soir il plaque Bill contre un mur et lui hurle qu'il le « Déteste de lui faire ça ! », avant de lui avouer la vrai nature de cette haine ?
 
                Bill grinça des dents, il ne savait pas, bordel ! Il ne pouvait pas se souvenir ! Ca datait de trop longtemps, c'était trop loin et surtout il s'était bien trop habitué à l'amour stable et sûr que lui procurait Tom. La certitude qu'il n'aurait plus jamais besoin d'imaginer vivre sa vie avec quelqu'un d'autre. Tom était acquis, il était à lui comme lui-même était au tressé. Et aujourd'hui tout volait en éclat.
 
                Bill enfouit son visage dans le coup de Tom et inspira. Encore, encore et encore. Il s'emplit de son air, il s'emplit de lui, il voulait se fondre en Tom, n'être plus qu'un.
 
                Redevenir plus qu'un.
 
[ ...]
 
                « Et tu dis qu'il a tout oublié ? Comme ça ? Sans raison ? » Questionna Georg les yeux écarquillés de surprise. « J'sais pas » lâcha Bill las, passant une main dans ses cheveux, « Je ne comprends pas la raison. Le Docteur a dit qu'il doit y en avoir une, ou sinon Tom a fait une chute mais pas moyen de se souvenir, tu te doutes bien qu'il l'a oubliée... ». Georg tressauta, riant légèrement de l'ironie de la chose. Il se reprit rapidement devant les lèvres pincées de Bill qui avait penché la tête en attendant que son envie de rire lui passe. « Excuse-moi » dit-il en se raclant la gorge « Donc, il aurait tout oublié comme ça, d'un coup. Dur... ». Bill eu un rire fatigué « Pire que dur, je ne t'explique même pas comment je me suis démerdé pour lui expliquer qu'il n'y avait qu'un lit deux places dans l'appartement que nous occupons depuis près de cinq ans. ».
 
                Georg se pinça les lèvres pour s'empêcher de rire mais d'un regard Bill l'y autorisa. Le garçon se plia en deux au-dessus de la table et tapa légèrement contre celle-ci. « Bordel, vous avez la poisse » finit-il par dire en se redressant, les yeux encore humides d'avoir trop ri. « Ouais, ça ne finira jamais. Je t'avoue que je suis las de tout ça Georg... » Bill fit une pause, songeur puis finit par ajouter en touillant son café « J'ai presque envie d'abandonner... ».
 
                Les sourcils du plus vieux se froncèrent. « Abandonner ? » demanda-t-il gravement. « Ouais » fit Bill en hochant la tête « Passer à autre chose, prendre mon appart' et laisser celui-là à Tom. Mettre quelques centaines de kilomètres entre nous, me trouver quelqu'un d'autre. », Il pencha la tête et son regard se perdit dans l'obscurité du café « L'oublier » souffla-t-il.
 
                Un frisson parcouru Georg, il était presque effrayé parce que venait de lui dire Bill « Non ? » demanda-t-il sans y croire. « Si » avoua l'autre, honteux. « Tu ne peux pas ! » réfuta vivement Georg. Les nerfs à vif à cause des deux dernières semaines, Bill partit au quart de tour. Il releva un visage presque furieux vers Georg « Pourquoi je ne pourrais pas ? Dis-moi ! Pourquoi je n'ai pas le droit d'avoir une vie simple, bien rangée, avec une femme et des enfants ? Pourquoi tu as Natacha et moi je dois avoir Tom ? Pourquoi tu peux te marier et moi je dois me contenter de l'aimer ? Pourquoi tu peux dire à ta mère « C'est la fille que j'aime, je veux des enfants d'elle, un crédit et tout ce qu'elle désire » alors que moi je me contente du « Je ne sais pas quand on est ce qu'on va vivre chacun de notre côté maman, pour le moment on se supporte », Hein ? ». Il tapa violement sur la table «  Dis-moi ! ».  Perplexe, abasourdi par tant de vérités avouées, par tant d'illusions de facilités envolées Georg, ne pu que répondre un « Parce que... » Sans argument.
 
                Ça lui paraissait évident. Il avait connu Tom et Bill ensemble, avait appris rapidement la fraternité et même gémellité, ils les avaient vu se disputer puis se réconcilier. Il ne les voyait pas séparément, il devait être ensemble. Quoi qu'ai oublié Tom, quoi qu'en pense Bill.
                C'était une évidence.
 
                Bill patienta quelques secondes, encore bouillant d'avoir crié puis devant l'absence de mots, se laissa lourdement tomber sur la table, enfouissant son visage dans ses bras. « Pourquoi je dois l'aimer aussi fort ? Pourquoi est-ce que j'ai besoin de lui à ce point ? ». Georg ne réfléchit pas quand il dit « Parce que tu l'aimes ».
 
                Et cet argument-là, Bill fut incapable de le réfuter.
                Personne n'aurait pu. 
             


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Coucou les filles, désolée d'avoir mis autant de temps pour poster, j'ai un peu de boulot ces derniers temps et une vieee trèès active (Oh bah oui, personne n'y croit!). Bref, je sais que ce chapitre est court et que l'histoire n'avance pas réellement mais... j'écris comme je le sens... Vraiment désolée ><.
Bisous, et j'vous aime.

Bugu's Birthdayy!

TU ME TUERAS - OS 07/02/2012

Ses yeux étaient fixés sur le marbre, presque clos. Son c½ur battait lentement, normalement. Son visage était sec. Ses mains n'esquissaient aucun tremblement. Sa bouche ne bougeait pas non plus.
Finalement, quiconque se serait approché de Bill Kaulitz au milieu de ce cimetière se serait demandé pourquoi il était là, au milieu de cette foule en larmes quand celui-ci semblait hermétique à la peine.
Soudain, une main lourde se posa sur son épaule, le faisant légèrement flancher. Il tourna la tête vers son oncle qui le regardait, le regard embué de larmes. Celui-ci tenta un sourire maladroit, tentant d'y insuffler du réconfort, mais la grimace qui en ressortit ne fit qu'accentuer le flot de larmes sur son visage. « Je sais que tu l'aimais » dit l'homme d'un ton bourru, peu habitué à s'étaler dans ses sentiments «  C'était une bonne mère ».
 
Une bonne mère.
Une Bonne mère.
Une bonne Mère.
« Une bonne quoi ? » fut la pensée sortie de nulle part qui effleura Bill.
 
« De quoi il parle ? ». Oui une bonne quoi ? Une bonne Mère. Mère avec une majuscule, un titre qui lui semblait un peu trop honorifique pour cette femme qui avait hanté ses cauchemars et ses réveils. Bill se refusa à laisser transparaitre sa réflexion silencieuse et dans un sourire hésitant répondit simplement « Oui. ».
 
Oui.
Oui.
Oui.
« Oui ? »


« Non ! ». Certainement pas. Pourquoi tout le monde pensait que le simple fait de sortir de l'utérus d'une femme lui octroyait le pouvoir de faire le bien et d'être source de bonheur pour l'Engendré ? Pourquoi Bill, sous prétexte d'avoir été le mélange des chromosomes de la défunte du jour et d'un petit branleur de première qui ne l'avait pas reconnu lui donnait une place plus importante dans le c½ur de sa Mère que le premier clébard qu'elle aurait croisé dans la rue.
 
 « On va s'en remettre Bill, ne t'en fais pas. Nous ne t'abandonnerons pas. » Ajouta l'homme à la chevelure grisonnante avant de retourner au près d'autres pleurnichards.
 
Abandonner.
Abandonner.
Abandonner.
« Abandonner ? »
 
« Menteur ... ». Combien de gens l'avaient déjà fait ? Combien de maîtresse lui avaient demandé comment il s'était fait « ce bobo » et avait détourné leur regard en comprenant la gravité de la chose ? Combien de Docteurs avaient jeté un regard sévère à sa mère en prévenait que « Ça devait être la dernière fois ! » sinon ils contactaient les services sociaux ? Combien de gens s'étaient déjà dérobés ?
 
Soudain une femme eut un grand sanglot, elle enfouit son visage dans ses mains pour l'étouffer et d'autres personnes vinrent l'entourer pour la réconforter. Des « Elle est mieux où elle est » s'en suivirent ainsi que des « Elle ne méritait pas ça, mais c'est la vie. On ne peut rien y faire. ».
 
Ne méritait pas ça.
Pas ça.
Pas ça.
« Ne méritait pas ça ? »


« Ah bon ? » songea-t-il. Alors qui le méritait si cette femme avait était une pauvre victime devant son cancer du col de l'utérus ? Qui méritait de mourir si elle n'avait rien fait d'assez grave pour avoir le droit, la simple possibilité, de mourir trop tôt ? Il se souvenait encore de son regard, noir, froid, de ses lèvres tirées dans une grimace, de ses sourcils froncés de dégoût, de ses rides plissées d'amertume quand elle avait craché « Je vais mourir à cause de toi ! À cause de toi ! Tu es la pire chose que j'ai faite ! La pire, Bill ! ». Elle lui avait reproché de l'avoir infectée de l'intérieur, de l'avoir détruite alors qu'il n'était pas né, de lui avoir pris sa vie en obtenant la sienne. Après tout quelle ironie que le seul endroit douillé où il ait vécu soit finalement envahit de métastase et autres conneries qu'il ne comprenait pas.
 
Pourtant, de tous ces mots haineux il n'avait retenu qu'une chose : Mourir. Elle allait mourir.
 
Mourir.
Mourir.
Mourir.
« Mourir ? »


« Définitivement ? » se demanda-t-il. Car combien de fois cette folle lui avait hurlé qu'il allait la tuer avant de saisir son balai ? Combien de fois elle avait craché que si ce n'était pas elle, ça serait lui, avant d'abattre lourdement sa main sur son corps déjà tuméfié ? Combien de fois avait-il supplié des « Maman... » Sans échos et combien de fois avait-il pleuré en la suppliant de le pardonner et que pour toute réponse elle lui crachait « Je te hais ». Elle le haïssait, et il le savait. Longtemps lui l'avait aimée. D'un amour inconditionnel, de ceux qui font chuchoter le soir au creux de l'oreille « Tu es la meilleure maman du monde. Je t'aime, je ne veux pas que tu meures, je ne veux pas qu'un jour tu meures maman. ».  Et c'est la peur au ventre, après s'être fait rejeter qu'il songeait à sa vie sans sa mère. Quel enfant, encore trop petit pour sortir des jupons maternel, n'avait pas songé à sa vie sans son principal pilier et tremblant s'était endormit apeuré à cette idée ? Bill n'y avait pas échappé, au contraire. Enfant, toute les fois où sa mère lui avait jeté « Tu me tueras Bill ! Tu me tueras ! » L'avait un peu plus affaiblie, effrayé.  Difficilement il s'était fait à cette idée : Sa maman allait mourir à cause de lui. Un jour où l'autre elle trépasserait par sa faute.
 
L'ironie fut que jusqu'à la fin il avait été accusé comme le coupable de cette mort et que dans une fantaisie on pouvait même lui trouver un peu de culpabilité dans ce cancer venu de nulle part. Oui, peut-être qu'il l'avait tuée. Puisqu'il n'y avait pas de vraie raison scientifique, peut-être qu'il avait damné le lieu en en sortant. Mais s'en voulait-il aujourd'hui ? Loin de là. Il était heureux.
 
Heureux.
Heureux.
Heureux.
« Heureux ? ».
 
« Hmmm... » . Il n'avait pas tout de suite réalisé la chose, n'avait pas compris cette boule qui avait explosée en lui quand un oncle en larmes l'avait appelé pour lui dire « c'est fini. ». Pendant un instant il était resté inerte, insensible, bloqué dans une transe d'où rien n'émergeait  ni n'entrait. Et puis BOUM.
 
BOUM.
BOUM.
BOUM.
« Boum ? ».
 
« Une nouvelle vie... ». Ses yeux s'étaient lentement posés sur son bras où une vieille cicatrice de plusieurs centimètres de long luisait encore. Son c½ur s'était mis à battre de plus en plus rapidement dans sa poitrine en réalisant ce que cette mort entrainait.
 
Plus de coups.
Plus de rejet.
Plus d'insultes.
Plus de cris.
Plus de « Non personne ne vient chez moi ! ».
Plus d'ignorance.
Plus de fond de teint.
Plus de cols roulés.
Plus de manches longues.
Plus de « Fait pas assez chaud pour aller à la piscine ! ».       
Plus de larmes.
Plus de mère.
 
Et c'est en réalisant cela qu'il s'était effondré en pleurant. Pas sur elle mais sur lui, sur tous ces moments horribles qui s'envolaient, sur ce passé noir qui n'avait rien d'une enfance qu'il pouvait oublier. Sa mère était morte, et avec elle partait la menace des coups et de tous les mots faciles à lancer mais plus que blessant. Aucune insulte n'avait eu plus d'impact sur lui que ceux balancés par la femme qui l'avait engendré, que ce soit un « Tu es trop maigre » ou « Petit enculé » tout lui avait fait aussi mal. C'est en réalisant que le calvaire été fini qu'il réalisa combien il avait finit par haïr cette femme, comment au fil des années, il s'était laissé dévorer par la haine. Il avait toujours souhaité sa mort, sans le savoir. S'il avait été en mesure de la sauver, il ne l'aurait pas fait, l'idée l'aurait à peine effleuré. De l'enfant aimant, il était passé à l'adolescent haineux, à l'image de sa génitrice. Mais c'était fini.
 
Fini.
Fini.
Fini.
« Fini ? ».
 
« Fini... » Pensa-t-il soulagé.
Alors aujourd'hui, en ce funeste jour la seule larme qui coula sur les joues de Bill Kaulitz pour sa mère furent en l'honneur de sa mort, qui le libérait enfin de toutes les chaînes qui l'avaient maintenu à cette femme. 
 
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C'est un OS que je voulais écrire depuis longtemps, je n'ai pas voulu prendre le sujet à la légère, j'ai cotoyer trop de personnes qui on souffert...
Bref :D

REVIENS MOI - CHAPITRE 4 29/02/2012

                Bill avait un regard déterminé ce soir-là à table. Tom lui avait lancé plusieurs fois des regards interrogatifs et le brun s'était contenté de sourire pour toute réponse. Ne voulant pas insister, encore mal à l'aise à cause de sa crise d'asthme, il replongea la tête dans son assiette et piqua de nouvelles pates.  Sa réaction gênée d'adolescent pas très sûr de lui amusait Bill. Il avait vraiment l'impression de le revoir dix ans plus tôt !
                En même temps...
 
                Bill s'était remis en selle, déterminé à rendre ce gamin dans la peau d'un adulte raide dingue de lui. Il n'allait pas lui laisser une seconde de répit. Il connaissait Tom par c½ur et il allait le lui prouver. Ce soir même il commencerait la mission : « Renouveau ».
 
                «Au fait, pourquoi il n'y a toujours pas de second lit ? Tu m'as bien dis que ça fait quelques temps qu'on vit là, non ? » Demanda Tom. Bill qui était en train d'avaler, déglutit difficilement. Il savait que cette question allait venir, mais pas en plein milieu d'une bouchée. Se raclant la gorge, il saisit son verre pour se calmer et en profita pour réfléchir. « Enfaite, c'est que... » Commença-t-il maladroitement.
 
                C'est que tous les soirs dans ce lit je me serrais contre toi, tu passais tes bras autours de mes épaules et on s'embrassait à en perdre le souffle. De temps en temps on était d'humeur câline et tu passais au-dessus de moi, rejetant la couette au loin parce que tu disais bien aimer me voir tout entier.  Je faisais mine d'être dérangé mais j'adorais sentir ce désir dans tes yeux. Tu vois, tu ne t'étais jamais plaint de ce lit avant.
 
                « Il y a quelques temps on a fait une fête et pour tout avouer Georg avait un peu trop bu. Il s'est jeté sur le lit et celui-ci a craqué » à mesure que les mots sortaient de sa bouche, Bill se rendait compte que son explication n'était pas trop bizarre. Alors il continua, encore et encore, jusqu'à ce qu'il soit sûr que Tom le croit et ne doute plus.
 
                Bill mentait comme un arracheur de dents, il s'arrachait les siennes.
                Mentir à Tom était comme tirer sur ses molaires sans anesthésie pour devoir se les remettre après. 
                Mentir à Tom pour lui apprendre la vérité plus tard, une vérité qu'il connaissait au fond de lui.
 
                [...]
 
                « D'ailleurs Tom, tu n'as pas oublié que tu as rendez-vous chez le psy' à 16 h ? » Questionna Bill, étourdit en piquant dans son assiette. Le tressé secoua la tête, comment aurait-il pu ? Il avait confié chacun de ses espoirs dans cette visite. Il espérait tellement, que comme par magie, le docteur lui dise quelque chose qui ferait déclic dans sa tête et qui lui décoincerait ses 10 années perdues. Il essayait d'y croire sans vraiment y arriver. Pour être franc il commençait même à craquer petit à petit, à se convaincre qu'il avait tout perdu pour de bon, comme si on les lui avait arrachées pour une quelconque raison sans avoir l'intention de lui rendre. À cette idée Tom eut un frisson.
 
                Non !
                NON ! NON ! NON ! Non ! non !...non... !...n...
 
                Même quand il essayait de se convaincre qu'il restait de l'espoir, il finissait par être englouti par sa peur. Ses doigts se resserrent sur ses couverts et il mâcha plus lentement, fixant la carafe d'eau, le regard perdu. Bill observa la chose les sourcils froncés. Pourquoi devaient-ils autant souffrir ?
 
                [...]
 
                « Au fait ne soit pas en retard, j'aimerais faire bonne figure » dit Bill. « Pourquoi ? » Questionna Tom pour la forme, pas vraiment intéressé par la réponse. « Parce que » coupa catégoriquement le brun en lui jetant un regard autoritaire. Tom, le regard plongé dans son assiette ne le remarqua même pas. Bill connaissait très bien le psychiatre pour l'avoir côtoyé pendant une bonne année, sa première passé à L.A pour être précis. Même si sa vie avec Tom lui semblait être sûre et qu'il n'avait pas de doute sur ses sentiments, le garçon avait ressenti le besoin de se confier, de voir quelqu'un. Il se souvient parfaitement de sa première visite :
 
Le regard posé sur la moquette il avait commencé à expliquer son amour incestueux, comment de la haine ils en avaient conclu de l'amour, comment les insultes s'étaient transformées en « je t'aime », comment des coups ils étaient passés aux caresses. L'homme avait écouté son récit, les mains croisées sous son menton, hochant la tête de temps à autres et accompagnant son geste de « Hmm ».  Son récit terminé, Bill avait attendu une longue minute avant que le docteur ouvre la bouche de nouveau. Quand il avait vu les muscles de la mâchoire se tendre, son c½ur s'était accéléré.
 
 « Mais mon Dieu, vous êtes dégueulasse ! Aimer son frère, bah voyons ! Vous auriez pu me sortir n'importe quoi mais il a fallu que vous me racontiez cela. Il doit vous manquer quelque chose, vous êtes peut-être né prématuré je ne sais pas mais quelque chose cloche chez vous ! ».
 
                « Et alors ? Où se trouve le problème ? Vous l'aimez et il vous aime. Je ne comprends pas » avait finalement dit le Docteur de son air professionnel qui sur le coup avait agacé Bill.  « Le problème ? » s'était emballé Bill, « Vous voulez vraiment savoir où se situe le problème ? ». Comment pouvait on lui demander cela ? N'était-ce pas évident ? Ou peut-être sous prétexte qu'il aimait et qu'on l'aimait il n'avait pas de raison de souffrir ? Comme si l'amour réparait tous les maux du c½ur ? Interprétant mal les mots du Docteur, imaginant ses craintes comme formulées (Vous avez choisi votre voie ne vous plaignez plus. Vous ne souffrez plus. Vous vous êtes envoyé à l'abattoir seul ! ) Le garçon avait limite crié : « Le problème c'est peut-être le regard des gens qu'on connaissait et qui nous ont rejetés quand on leur a dit la vérité. Le problème c'est peut être ma mère qui pleure à chaque fois qu'elle soupçonne quelque chose entre nous. Le problème c'est sûrement que ses deux gros fils de gays n'ont rien trouvé mieux que de remettre une couche en s'aimant entre eux. Le problème c'est peut être cette société qui nous rejette d'office et nous déteste sans raison. Le problème c'est peut-être l'amalgame de tout ça et c'est très certainement cet amalgame qui me fait venir ici ! ».
 
                Le Docteur pendant sa longue tirade l'avait regardé comme il aurait pu admirer le ciel par la fenêtre, il n'y avait ni agacement, ni emballement. Comme si finalement les mots de Bill le touchaient à peine. Le garçon reprenait doucement son souffle, se réinstallant au fond de son siège car celui-ci s'était avancé au bord au fur et à mesure que les mots découlaient de sa bouche. Puis finalement, de nouveau le psychiatre lâcha un « Hmm » pour finalement se taire encore quelques minutes. Bill avait montré son agacement en tapotant du bout des doigts. « Monsieur Kaulitz, votre problème ne serait pas plutôt le fait que le monde ne consente pas votre amour ? ». Bill n'avait rien dit, mais avait dégluti, le regard dur. « Le fait d'aimer simplement ne vous contente pas, il faut qu'on vous dise que vous avez bien fait ? ». Bill n'avait toujours rien dit mais les mots faisaient écho en lui, le faisait réfléchir de plus en plus vite, les lèvres pincées.
 
                « Vous voulez entendre « Tu as le droit, Bill ». Mais sachez quelque chose Bill, Il n'y a qu'en guerre et surtout en amour que tous les coups son permis. Et pourtant, tous ne sont pas consentis. ».
 
                PATATRA.
 
                Tous les tiroirs de sa tête s'étaient ouverts et tout ce qu'ils contenaient s'était enfoncé dans son cerveau, tous ses sentiments étaient soudainement écorchés à vif, chaque pensée vivante, chaque souvenir réel. Les larmes s'étaient mises à dégringoler sur ses joues sans raison, enfin lui semblait-il. Il ne se maitrisait simplement pas. Le Docteur, habitué à ce genre de réaction l'avait laissé faire. C'était son métier après tout de déclencher ce genre de déclic chez ses patients, plus vite ils réagissaient, et moins la thérapie était longue.
 
                Finalement Bill s'était courbé sur sa chaise, ses mains tenant fermement sa tête comme pour apaiser son flot d'idées et il avait gémit « J'en sais rien. Je ne sais pas... ».
 
                Pour la première fois depuis le début le Docteur avait souri, « Justement, c'est sur ça que nous allons travailler. ».
 
                Bill secoua la tête pour oublier cet épisode de sa vie. C'était avant. Si le Psychiatre avait réussi à l'aider... Peut-être qu'il pourrait sauver Tom.
 
                [...]
 
                « Bonjour Tom » lui dit doucement l'homme à la chevelure grisonnante.
                Le faux adolescent entremêla ses doigts, « Salut » marmonna-t-il. Andrew Steev avait l'habitude de travailler avec de jeunes patients, mais là il était face à quelque chose de totalement nouveau, un grand enfant dans la tête d'un jeune adulte. Tom n'avait pas oublié un an, où un épisode douloureux de sa vie, non, il avait éradiqué dix longues années.
 
                « Les plus importantes » songea le Docteur en fronçant les sourcils. Il fallait qu'il découvre pourquoi. Sans oser le dire, il était heureux que les Kaulitz se soient adressés à lui. Il aimait les défis et les nouveautés, Tom était un parfait mélange des deux.
 
                « Ça va ? » questionna-t-il toujours avec douceur. Bill assit à côté était étonné, l'homme ne s'était pas comporté de cette façon avec lui. En ce moment il avait l'air tendre, compatissant, alors que cinq ans plus tôt il avait été froid, professionnel. Le Docteur semblait s'adapter à ses patients.
 
                « Si j'élude la question, vous m'en voudrez ? » répondit froidement Tom en plongeant son regard dans les yeux du quinquagénaire. Sur la défensive et répondant du tac au tac, une véritable réaction d'adolescent & peine pubère.
 
                « Tu as quel âge Tom ? » Demanda-t-il.
                Les yeux du garçon se plissèrent, sa mâchoire se serra et il secoua doucement la tête comme s'il essayait de se calmer « Putain arrêtez de vous foutre de ma gueule » cracha-t-il d'une voix grave, « Vous savez très bien pourquoi je suis là, vous savez très bien que j'ai l'impression d'avoir 15 ans et qu'en réalité j'en ai 25 ! Vous savez aussi que je ne me souviens de rien et que BIEN SÛR QUE NON CA NE VA PAS ! ». Le garçon se redressa et fit voler les quelques objets dispersés comme décoration sur le bureau du Docteur. « Tom ! » cria Bill alors que le garçon était en train de se diriger vers la sortie, claquant lourdement la porte derrière lui.
 
                Un énorme « PUTAINNN ! »  Se fit entendre. À ce moment même les coins des lèvres du Psychiatre se redressèrent et les pupilles illuminées d'intérêt, il dit « On se revoit la semaine prochaine. ».
 
 
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Je ne suis pas très fière de cette suite, pour être franche j'ai beaucoup de mal à écrire en ce moment. Même pour mes collabo' (Désolée Jey...♥). Voilà... Je vous aime quand même et je m'excuse. Peut-être que me relancer dans la Fan Fiction n'était pas une bonne idée...